Le CSR

Le statut de déchets

Le CSR est un combustible de substitution aux énergies fossiles produit à partir de déchets non dangereux à haut pouvoir calorifique. Les déchets utilisés pour produire le CSR ne doivent pas être recyclables. Ce sont des déchets ultimes qui auraient finis en centre d’enfouissement.

Le Combustible solide de récupération (CSR) est défini par une norme NF-EN-15359. Cette dernière permet de distinguer les CSR des autres combustibles dérivés de déchets en fixant des critères de qualité. [Source ADEME]. Les déchets sont triés pour respecter cette norme en vigueur qui prévoit le classement des CSR selon un critère économique (le PCI ou pouvoir calorifique inférieur), un critère technique (la teneur en chlore) et un critère environnemental (la teneur en mercure).

 

Le CSR souffre du handicap de ne pas être considéré comme un produit, mais comme un déchet. Ceci oblige les centres de tri à payer une redevance aux industriels pour « s’en débarrasser ». L’industriel substitue donc son énergie fossile (pétrole, gaz…), qui est une charge financière, contre du CSR qu’il fait payer aux centres de recyclage, producteurs du CSR. Ce dernier s’impose un tri, le plus souvent manuel donc onéreux, pour finalement payer pour « évacuer » son produit… L’équilibre économique est particulièrement précaire.

D’autres pays européens, comme l’Italie, ont mis en place des conditions permettant de considérer que certains types de CSR ne soient plus des déchets.

Le CSR, une recette maîtrisée

Tout ne finit pas en CSR ! Il y a une recette plus ou moins maitrisée par les acteurs du marché. La composition des CSR varie d’un centre de production à l’autre. Les CSR sont principalement constitués d’un mélange de plastiques, papiers, textiles, cartons et bois dans des proportions estimées afin d’obtenir un équilibre entre les 3 critères cités ci-dessus (PCI / Taux de chlore / Taux de mercure).

Le groupe Péna a été le premier à proposer cette solution à l’enfouissement en 2005.

CSR : PCI >  12  MJ/kg – valeur minimale de la règlementation française

Le CSR doit être homogène dans le temps et répondre à un cahier des charges précis qui fixe les exigences spécifiques définies par un client : pouvoir calorifique, granulométrie, taux de chlore, de cendres…

Le tri est donc un facteur essentiel pour un CSR de qualité.

CSR et incinérateur

La loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 prévoit, outre la réduction de l’enfouissement de 50 % en 2025 par rapport à 2010, qu’il n’y aura pas d’ouverture de nouveaux incinérateurs en France ; or, ces derniers sont saturés. Refusés au tri, ces déchets ultimes ne doivent plus être enfouis !

Le CSR est, pour l’heure, le seul moyen, en dehors des incinérateurs et des unités de valorisation énergétique, pour éliminer des déchets non recyclables.

Le CSR en Europe :

DAE : Déchets d’Activité Economique // OM : Ordures Ménagères // RDF = CSR : refuse-derived fuel

 

Ne pas confondre CSR et incinération.

L’utilisation du CSR comme combustible dans des fours haute température ne doit pas être assimilé à de l’incinération !

Aucun tri du déchet n’est réalisé lors d’une mise à l’incinération. On ne recherche en aucun cas un équilibre entre PCI et taux d’émission de chlore et autres particules. Aucun cahier des charges n’est à respecter.

Les avantages du CSR vis-à-vis de l’incinération, même équipée d’une valorisation énergétique, sont incontestables :

  • la production annuelle constante de CSR offre des débouchés industriels été comme hiver
  • Aucune obligation de réseaux urbains adaptés pour récupérer et diffuser la chaleur et l’énergie
  • Moins de résidu à traiter (mâchefer)

Les émissions de CO2 en attestent : la combustion du CSR émet 38% moins de CO2 fossile (non renouvelable) que la combustion dans un incinérateur.

CSR et préservation de l’environnement : énergie fossile et émission de CO2

Les facteurs influençant le développement du CSR :

  • une conjoncture des prix de l’énergie fossile élevés et croissants avant crise, poussant les consommateurs d’énergie à chercher des alternatives
  • des déchets  combustibles  disponibles  à  prix  compétitif,  conséquence  de  la  mise  en œuvre  d’instruments  de politiques  publiques  visant  à  réduire  l’enfouissement sous forme d’interdiction et/ou de taxation dissuasive.
  • un système de quotas de CO2 européen favorisant globalement les énergies alternatives par rapport aux énergies fossiles les plus carbonées

Les prix s’envolent sur le marché européen des quotas d’émissions de CO2. Outil de la politique européenne de diminution des émissions, cette « place » offre la possibilité aux industriels d’acheter aux enchères des quotas de CO2 pour compenser leurs propres émissions. Avec l’annonce de Bruxelles de réduire de 55% les émissions de CO2 d’ici 2030, les prix ont flambé pour atteindre 47€ / tonne, une hausse de 40% depuis le début de l’année. Certains prévoient un prix supérieur à 100€ en 2030. (Source : Les Echos –  26/04/2021)

Les CSR sont donc un atout de taille car ils possèdent une part biogénique (c’est-à-dire n’émettant pas de CO2 taxable) de plus de 50% (Source ADEME). Avec un taux de 65 % d’éléments biogènes (bois, carton…), le CSR CORIS affiche un taux d’émission bien inférieur à celui du gaz naturel (40%).

Le monopole des cimentiers

Le recours aux CSR par les opérateurs énergéticiens est avant tout motivé par l’ambition de décarboner leurs approvisionnements en énergie. Les cimentiers, très gros émetteurs, cherchent à réduire leur empreinte CO2 en éliminant totalement en 2025 les combustibles fossiles au profit de combustibles alternatifs, dégageant moins de CO2.

L’industrie cimentière française a consommé en 2015 : 450 ktde CSR, et souhaite en consommer 1Mt/an en 2025, selon la FNADE. Le ciment a un facteur d’émission CO2 de 866 kg / tonne et l’impact d’une taxation de 40 à 60€/Tonne de CO2 serait énorme sur les prix de vente du ciment

Les cimentiers ont trouvé avec le CSR :

  • un combustible leur permettant de baisser leurs émissions de CO2
  • un combustible qui devient massivement disponible grâce à la baisse des capacités de décharges
  • un combustible qu’ils peuvent facturer aux approvisionneurs de plus en plus cher en suivant la trajectoire de la TGAP

L’Ademe a lancé deux appels à projets CSR en 2019 et début 2020. « L’objectif est de trouver des clients industriels qui ont besoin de chaleur tout au long de l’année (chimistes, agrochimistes, agroalimentaires ou papetiers). »

Le CSR est une solution : l’enjeu de rentabilité et compétitivité grâce à la baisse des émissions de CO2 est primordial pour les industriels émettant des quantités importantes de CO2 par leur process ou par la combustion de combustibles fossiles.

Cela vous intéressera aussi…

2021-05-07T08:39:53+02:00
Aller en haut